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Darfour

Auteur : Yves Patrick AUGUSTIN

C'est un soleil qui saigne dans le vide,
U
ne plaie plusante que tous les océans,
C'est une lune basse qui éclaire un charnier,
U
n vent mélancolique qui transporte un sanglot
Et qui étouffe unle...

D
arfour,
C'est le regard qui sombre dans la nuit,
Un ½il cred'enfant qui voit malgré tout
L
a petite fleur épanouie
Q
uand la graine a germé entre les lèvres ouvertes
D'une fille d'argile live à la terre ;

Darfour,
C'est la parole au tranchant des poignards,
C'est l'oasis de sang en plein c½ur dusert
Pour que viennent sesaltérer
Les caravanes de la mort à l'ombre
Des palmiers de souffrance ;

D
arfour,
Ce n'est qu'un mot
P
rononcé dans le vent à la vitesse de la lumière,
Un mot qui agonise qui déchire et dérange,
Un nom pour maquiller l'indifrence humaine,
Une douleur muette dans les yeux émaciés
D'êtres sans lendemain ;

Darfour,
C
'est la folie des marchands de fusil
La déraison des fous et le calvaire des sages,
C'est la souffrance humaine de toute éternité,
C
'est une tragédie ;

Darfour,
C'est le mépris de l'homme par l'homme,
C'est la mutilation des mères oubles,
L'holocauste des martyrs,
C'est l'angoisse des faibles, l'injustice des forts,
C'est la larme de sang qui rougeoie le crépuscule
D
e l'Afrique oubliée,
La plaie ante parmi toutes les plaies
Que porte un continent torturé par toutes les haines du monde ;

D
arfour,
C'est le mot qui n'ose pas frapper
Aux portes de l'Onu,
A
ux portes des églises,
Aux portes des palais,
A
ux portes des maisons,
U
n mot plus solitaire que le mot solitude ;

Darfour,
C
'est le rejet ;

Darfour,
C
'est le paria,
Un cimetière immense abandonné,
U
n simoun de détresse en plein c½ur du sert...

Darfour,
C
'est un stylo pour briser pour bafouer la parole,
Ce
sont des yeux fermés pour cacher la lumière,
De
s papiers déchirés pour effacer l'histoire,
C'
est un bruit de mitraille, un silence de mort,
Le
hurlement perdu d'un chien errant ;

Darfour,
C'est ma blessure, c'est l'Afrique qui agonise
Da
ns l'indifférence des regards,
C'est la langue coupée pour avorter le cri,
L
e sanglot du poète,
C
'est la gorge trance avec le dernier chant
De justice et de liberté,
C
'est le c½ur d'un jeune homme qui a cessé de battre
C'est aussi le refus de publier mon chant


Réfugiés dans le camp d'Abou Shouk, dans le Darfour
Darfour
# Posté le mercredi 14 mars 2007 08:45
Modifié le dimanche 22 avril 2007 00:21

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